Klaatu, Barada, Nikto selon Sam
Par Hate-craft le jeudi, juillet 12 2007, 17:54 - Ravage et Plombage - Lien permanent
Une de mes scènes les plus fameuses.
Celle dite "du puits" dans Evil Dead III, Army Of Darkness de Sam Raimi (1992), située au début du film.
Une succession de plans serrés et larges très astucieux. Une multitude d'effets délicieux à la fois comiques et gores par le biais d'accélérés contrôlés et de gros plans exagérés chers au réalisateur qui n’était pas (encore) en manque d’imagination et d’inspiration sur cette œuvre dédiée au travail de Ray Harryhausen et à l’humour d'un Tex Avery.
On plante le décor.
L’antihéros de la trilogie, Ash (l'énorme Bruce Campbell), se retrouve propulsé au Moyen-Age par le Necronomicon.
Il est tout de suite fait prisonnier par l’armée du seigneur Arthur pour être amené au château devant un puit inquiétant afin d’être mis à mort en compagnie d’autres prisonniers.
L’exécution commence, l’un des hommes est jeté au fond du puits…
"Tu vois quelque chose, toi?" Demande un garde à son collègue d’en haut d’une tour de gué.
Grand silence…
Gros plan sur le visage de Ash. La couleur rouge affichée sur sa face nous annonce le pire mais quoi?

Une énorme (bien trop énorme pour un seul homme) colonne de sang émerge du puits.
Une exagération transformant cette situation dramatique en un effet burlesque.
Premier et presque dernier effet gore, la surprise est de taille, on ne s'attendait vraiment pas à cela : d'où l'hilarité générale.

Après moult tergiversions bien rigolotes, c’est au tour de Ash. On lui jette une pierre à la tête, il perd l’équilibre. Beau plan large vue du puits qui annonce l'enfer se trouvant en bas.
Les jambes d'Ash apparaissent d'une longueur surréaliste renforçant toujours l'aspect comique. Avant de tomber au fond du puits, juste au moment de sauter, l’homme nous gratifie d’un joli salto avant.

Dans le puits. Gros plans sur la tête ahurie de Ash nous ramenant directement au final des deux premier opus. Nous constatons qu’il visualise son environnement, pas nous...
Renforcement de notre inquiétude.
Silence.
A notre tour, nous découvrons le lieu via un panoramique à 360° avec pour point d’ancrage notre héros préféré.
Silence.
En référence à l'événement précédent, il va se passer quelque chose de dantesque, c’est sûr…

Un monstre ninja apparaît soudainement du milieu des eaux.
Le combat avec le monstre du puits fait rage et commence par le biais de plan large malgré l'étroitesse du lieu. On revient vers les gros plans pour renforcer l'aspect souffre-douleur de Ash et aussi la substance "cartoon" du film via les grimaces de l’acteur.

Notre antihéros étant en mauvaise posture, une bonne âme balance son arme fétiche dans le puits.
La délivrance.
En référence au tableau de Michel-Ange, Ash ne touche pas le doigt de dieu mais dans les airs, réussi à emboîter sa tronçonneuse directement sur son moignon du premier coup.

Maintenant « invulnérable », l’homme fait un massacre.
Pause improbable, réplique qui claque, gnon dans la figure, découpage en bonne et due forme: la machine Ash tourne à plein régime pour notre plus grand plaisir !

Notre héros est attachant, drôle mais pas sympa. On assombrit son visage pour passer du cartoon potache à une ambiance plus "comics" (autre source d’inspiration de Sam Raimi, déjà réalisateur de Darkman, puis, par la suite des Spider-Man, forcément, ça ne s’invente pas…)

...Du grand art...
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