Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mérital Cinécrophiliac

Ravage et Plombage

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, août 7 2008

L'amour mort selon Jay

Zombie strippers (2008) - Jay Lee

zombiestrippersposter.jpg

Dans un futur proche, Kat, une jeune strip-teaseuse de Sartre, une ville tranquille du Nebraska est infectée par un mystérieux virus. Elle devient un zombie assoiffé de sang lui donnant des allures de tueuse lorsqu'elle fait ses shows. Elle devient l'attraction le plus populaire du club, rendant par cette occasion les autres filles terriblement jalouses. Mais le virus commence alors à se répandre...

Sexy, gory et funny.

Une belle pièce à mettre à part sur le vieux visage buriné des horror-movies américains.

Du cinéma Z née bien souvent de nouvelle forme d'exploitation, dans tous les sens du terme.

Car oui, l'idée initiale (à "exploiter"), il ne faut pas se voiler la face, c'est de faire jouer des pornstars dans un film de zombies.

De quoi amenuiser toutes prétentions un tant soit peu intelligentes, en effet, sauf si...

zombiestrippers1.jpg

On nous propose une invitation à un voyage dans un futur proche, une virée un peu fauchée dans sa forme et son déroulement, pourvue tout de même de SFX de bonne qualité, silicone compris.

Cependant, les filles du pays sont jolies, Robert Englund toujours aussi cabotin et l'hemoglobine chiche, pour un objet filmique non-identifié mais décomplexé, honnête, divertissant, jolie (oui oui) et dynamique.

zombiestrippers2.jpg

Bref, cela donne du plaisir, on s'amuse, on pleure, on rit: c'est la vie (et la mort) de Roxy, Jenna, Shamron, Penny... Contrat rempli. Merci Jay Lee et Headquarters.

zombiestrippers3.jpg

jeudi, juillet 17 2008

Ange ou démon selon Mario

Diabolikintro.jpg

Diabolik (1968) - Mario Bava

Diabolik, c’est l’orgasme filmique par excellence.

Une œuvre sans queue ni tête où, en simple spectateur impuissant on nous expose la vie privée haute en couleur d’un voleur à la personnalité et aux motivations à la fois complexes et amorales.

Diabolik2.jpg

Tel Batman, fortuné suite à ses gras larcins, l’homme masqué est doté d’une myriade de gadgets du plus loufoque au plus utile en passant par le plus encombrant tel que sa "Batcave" très "flashy pétante" (pour les allergiques aux années érotiques, passés votre chemin).

Tel James Bond, il se donne la permission de tuer sans sourciller mais reste fidèle à une seule et même femme, à la fois complice et partenaire sexuelle, humaine et déesse, fragile et maîtresse-femme.

Tel Robin des Bois, il s’attaque au plus riche afin de les dévaliser de tout apparat un tant soit peu brillant et coûteux, mais garde cependant tout pour lui et se vautre dedans sans vergogne.

Un véritable poil à gratter dans une société étriquée, guindée et vérolée: il personnifie à lui-seul le combattant à la fois anarchique, libertaire (libertin aussi) et surtout bon vivant engagé dans une guerre sans fin qui voit s’affronter l’individualisme, la misanthropie, la liberté contre le conformisme, la monotonie et l’uniformité du monde contemporain.

Voilà, nous tenons ici une exposition du négatif de ces trois héros afin de mieux nous immerger à 100% dans cet univers délicieusement bigarré.

Dès le premier centimètre de pellicule, on nous expose le tableau de façon très contemplative pour un film d’action: le rythme est langoureux et le ton, léger mais posé sur une toile de fond d’une gravité, d’une réflexion autrement plus socio-politique qu’il n’y paraît.

Diabolik.jpg

Un véritable plaisir pour nos sens et un bien bel hommage à l’ambiance "fumetti" donc. Le tout étant rehaussé par le sens artistique de la mise en scène d’un Mario Bava qui nous régale d’au moins une fabuleuse idée par minute.

Une œuvre unique qui a totalement digéré ses influences afin de nous servir un festival onirique d’une sophistication rare.

DangerDiabolik12.jpg

jeudi, juillet 10 2008

Exotisme à la chlorophylle selon Carter

vlcsnap-181703.jpg

The Ruins (2008) - Carter Smith

Quatre jeunes Américains voient leurs vacances mexicaines tourner au vinaigre lorsqu’ils se retrouvent au beau milieu d’une jungle hostile dominée par une ancienne pyramide Maya présente sur les lieux depuis des millénaires…

Survival et teenager font-ils bon ménage? D’expérience, nous avons été témoin de bonnes surprises, mais, plus récemment pas vraiment (The Descent étant tout de même très grave et adulte et, heureusement, éloigné des artifices coutumiers de la vie passionnante des adolescents).

vlcsnap-186510.jpg

L’émulation formée par le quatuor d’acteurs Shawn Ashmore, Laura Ramsey, Jonathan Tucker et Jena Malone est de qualité pour ce genre de production. Seulement voilà, autant d’implication, de charme et de potentiel émotif gâchés par des dialogues désastreux.

L’intérêt et l’originalité du synopsis de départ (une adaptation du roman de Scott B. Smith - l’auteur d’un Plan si simple – par lui-même) se trouvent être gâché par une absence totale de traitement de la psychologie des personnages réduits à être de la chair à canon.

vlcsnap-188234.jpg

En parlant de chair, l’œuvre est émaillée de son lot de (longs) plans gratuitement gores (passages maintenant obligés depuis l’avènement des Saw like) mais aussi d’une volonté, grâce à son rythme soutenu et réussi, de tenir le spectateur à la gorge et ne plus le lâcher jusqu’à la fin. Alors, cette fameuse fin, oui, cette dernière scène (grecque), où nous comprenons:

1- Qu’il est possible que nous ayons affaire à une gigantesque comédie (involontaire?) 2- Par là-même, pourquoi nous ne sommes pas nombreux à rire aux éclats sur 2 ou 3 scènes précédentes…

Le choix de privilégier le concret à l’abstrait est courageux. Libre à nous de nous questionner, au beau milieu d’un "Qu’est ce qu’on fait? Je ne sais pas. Et toi, tu pense quoi?", sur un possible parallèle avec une société tuméfiée voir avec un ravage pandémique. De même, libre à nous de contempler le potentiel de la menace émanant de cette pyramide maudite.

Pour se faire, le film bénéficie d’un esthétisme très plaisant, la faute à l’œil (bien) éclairé de Dariusz Kondhji mais se trouve dotée d’une mise en scène juste académique venant de la part d’un photographe de mode réputé comme Carter Smith.

Un produit honnête et intéressant doté d’une puissance de feu trop souvent canalisée par ses maladresses et son absence de fond totalement étouffé par "la forme végétative dense et luxuriante" de son sujet.

vlcsnap-185300.jpg

mercredi, juillet 9 2008

La révolution robotique selon Noboru

machineintroxs9.jpg

The Machine Girl - Kataude mashin gâru (2008) - Noboru Iguchi

''Une jeune étudiante, Ami voit sa vie basculée le jour où un groupe de yakuzas particulièrement hargneux massacre sa famille et la torture en lui coupant le bras gauche. Décidée à se venger, elle sera aidée par le père d'une victime, qui remplacera son bras manquant par une mitrailleuse automatique dévastatrice...''

machinegunde4.jpg

Attention oeuvre (déjà) culte sans date de sortie en France pour l'instant.

Euphorique, décomplexé, festif, Noburu Iguchi réussit l'exploit de nous livrer un film de vengeance moderne jouissif, à la Japonaise, digne successeur d'oeuvres cultes sorties dans les années 60-70 comme Lady Snowblood / Sex & Fury. Successeur, dans le sens où il s'agit d'une évolution logique du genre, la déferlante Sentaï des années 80-90 et "kitamuresque" des années 2000 en plus!

The Machine Girl est ancrée dans la (dure) réalité (?) présente du monde des yakusas. Voilà, le reste de l'histoire on s'en moque, puisque tout est prétexte à une gigantesque pétaradante sauvagerie. On se délecte enfin d'une succession de scènes violentes extrêmes d'une profusion et d'une précision rarement aussi intense depuis la sortie de Braindead: geyser d'hémoglobine et soupe au vomi délicatement agrémentés d'humour potache drôle se rapprochant d'un Evil Dead 3. Du plaisir en barre donc, pour les nostalgiques de l'époque glorieuse du cinéma gore.

machinebloodqs0.jpg

Un foutoir organisé parfois sublime à regarder digne d'un Ryuhai Kitamura en forme (on pense à Versus, par exemple). Un savant mélange purement jouissif voir même, parfois, transgressif, déguisé, une fois de plus, en une attaque en règle contre l'ordre établi (la police? Quelle police? La famille? Quelle famille? Le travail? La moralité? ... ha ban non... )

On pardonnera les costumes ridicules et l'approximation de certains effets tellement l'ensemble est jubilatoire, beau, drôle et, surtout, rare.

Les Japonais possèdent un zoo spécial, ils nous ont caché une espèce en voie de disparition! Houra et bravo à eux!

machinepantuq9.jpg

jeudi, juillet 12 2007

Klaatu, Barada, Nikto selon Sam

Une de mes scènes les plus fameuses.

Celle dite "du puits" dans Evil Dead III, Army Of Darkness de Sam Raimi (1992), située au début du film.

Une succession de plans serrés et larges très astucieux. Une multitude d'effets délicieux à la fois comiques et gores par le biais d'accélérés contrôlés et de gros plans exagérés chers au réalisateur qui n’était pas (encore) en manque d’imagination et d’inspiration sur cette œuvre dédiée au travail de Ray Harryhausen et à l’humour d'un Tex Avery.

On plante le décor.

L’antihéros de la trilogie, Ash (l'énorme Bruce Campbell), se retrouve propulsé au Moyen-Age par le Necronomicon.

Il est tout de suite fait prisonnier par l’armée du seigneur Arthur pour être amené au château devant un puit inquiétant afin d’être mis à mort en compagnie d’autres prisonniers.

L’exécution commence, l’un des hommes est jeté au fond du puits…

"Tu vois quelque chose, toi?" Demande un garde à son collègue d’en haut d’une tour de gué.

Grand silence…

Gros plan sur le visage de Ash. La couleur rouge affichée sur sa face nous annonce le pire mais quoi?

army_of_darkness1.jpg

Une énorme (bien trop énorme pour un seul homme) colonne de sang émerge du puits.

Une exagération transformant cette situation dramatique en un effet burlesque.

Premier et presque dernier effet gore, la surprise est de taille, on ne s'attendait vraiment pas à cela : d'où l'hilarité générale.

army_of_darkness2.jpg

Après moult tergiversions bien rigolotes, c’est au tour de Ash. On lui jette une pierre à la tête, il perd l’équilibre. Beau plan large vue du puits qui annonce l'enfer se trouvant en bas.

Les jambes d'Ash apparaissent d'une longueur surréaliste renforçant toujours l'aspect comique. Avant de tomber au fond du puits, juste au moment de sauter, l’homme nous gratifie d’un joli salto avant.

army_of_darkness3.jpg

Dans le puits. Gros plans sur la tête ahurie de Ash nous ramenant directement au final des deux premier opus. Nous constatons qu’il visualise son environnement, pas nous...

Renforcement de notre inquiétude.

Silence.

A notre tour, nous découvrons le lieu via un panoramique à 360° avec pour point d’ancrage notre héros préféré.

Silence.

En référence à l'événement précédent, il va se passer quelque chose de dantesque, c’est sûr…

army_of_darkness4.jpg

Un monstre ninja apparaît soudainement du milieu des eaux.

Le combat avec le monstre du puits fait rage et commence par le biais de plan large malgré l'étroitesse du lieu. On revient vers les gros plans pour renforcer l'aspect souffre-douleur de Ash et aussi la substance "cartoon" du film via les grimaces de l’acteur.

army_of_darkness5.jpg

Notre antihéros étant en mauvaise posture, une bonne âme balance son arme fétiche dans le puits.

La délivrance.

En référence au tableau de Michel-Ange, Ash ne touche pas le doigt de dieu mais dans les airs, réussi à emboîter sa tronçonneuse directement sur son moignon du premier coup.

army_of_darkness6.jpg

Maintenant « invulnérable », l’homme fait un massacre.

Pause improbable, réplique qui claque, gnon dans la figure, découpage en bonne et due forme: la machine Ash tourne à plein régime pour notre plus grand plaisir !

army_of_darkness7.jpg

Notre héros est attachant, drôle mais pas sympa. On assombrit son visage pour passer du cartoon potache à une ambiance plus "comics" (autre source d’inspiration de Sam Raimi, déjà réalisateur de Darkman, puis, par la suite des Spider-Man, forcément, ça ne s’invente pas…)

army_of_darkness8.jpg

...Du grand art...

mercredi, juin 13 2007

L'Apocalypse selon Brian

http://img165.imageshack.us/img165/9307/brianyuznalk0.jpg

Sa fiche IMDb, sa filmographie complète.

Brian Yuzna, producteur, réalisateur et scénariste, est né en 1951 aux Philippines. Sa réputation d’amoureux pour sa sainteté gore est un peu réductrice quand on s’imprègne de l'oeuvre volontairement teintée bis du bonhomme.

En effet, il est impossible de passer outre l’aspect ultra-sensuel donné à chacun de ses films et surtout la sauce grand-guignol dans laquelle ceux-ci baignent, à savoir une certaine propension à l’absurde, le tendancieux et surtout le morbide.

Il débute sa carrière cinématographique en tant que producteur dans les années 80. Sa collaboration fructueuse avec Stuart Gordon permet l'accouchement d’un Ré-Animator définitivement culte puis, par la suite de deux films devenus des classiques du cinéma de genre à savoir From Beyond (1986) et Dolls (1987).

society.jpg

Il se lance dans le grand bain de la réalisation avec le film Society en 1989, véritable brûlot sur la haute société américaine, le film se termine par une orgie sanglante gravée à jamais dans les mémoires. L'oeuvre marque l’officialisation d’une collaboration aussi, avec Screaming Mad George, personnalité absolument incontournable dans le domaine des effets spéciaux.

Il décide ensuite de donner une suite à Ré-Animator avec Bride Of Ré-Animator, faisant largement référence au mythe de Frankenstein. Le film fonctionne mais son manque de rythme évident ne le portera pas au niveau du premier opus.

return.jpg

Par la suite, il s’attaque aux franchises américaines essoufflées en faisant abstraction de la continuité tout en y amenant son univers personnel.

Dans un premier temps, Douce Nuit, Sanglante Nuit part 4 (il produira également le 5ème volet), une réussite de par son aspect onirique, sexuel et provoquant mais aussi et surtout, dans un second temps, son sublime: Le Retour Des Morts-Vivants 3.

Mindy Clarke, digne héritière de la reine noire Barbara Steele, personnifie à elle seule l’essence même d’une oeuvre présentant, il faut bien le dire, les défauts du genre, à savoir une interprétation approximative et un manque de rythme évident.

Oui, mais voilà, de part son aspect charnel, romantique, quasi-érotique, très sombre, dénué d’humour et surtout une mise en scène dynamique, originale et inspirée, le récit demeure passionnant voir incontournable.

L'aspect parodique, propre à la série, est mise au placard pour laisser la place à une cruauté, une violence inouïe. In-con-tour-nable, on vous dit!

necronomicon.jpg

Puis vient son segment sur Necronomicon, ultra-malsain et d’une folie proprement hallucinante. De part, l’aspect court du run, la violence atteinte ici ne sera pas dépassée dans le domaine de la cruauté. On vit là un véritable tour de montagnes russes montées sur des rails constitués de colonnes vertébrales imbriquées les unes sur les autres… Du grand art.

Le diptyque dentaire (Le Dentiste 1 et 2) est prétexte aux effets les plus chocs et gores dans le domaine buccal. Le 2ème volet est clairement dispensable mais l’oeuvre originale de par la terreur suscitée, sa qualité de montage et, toujours, ce charme personnifié par le « bestiaire » féminin absolument charmant émaillant le film du début à la fin (Haaaa Linda Hoffman, Molly Hagan, Patty Toy… rien que ça !) demeure incontournable et rencontre d’ailleurs un certain succès commercial.

faust.jpg

En 2001, il fonde sa propre maison de production en Espagne, Fantastic Factory et produit l'excellent Dagon (réalisé par son ami Stuart Gordon) et l’incontournable Darkness de Jaume Balagueró.

Dorénavant espagnol d’adoption, il réalise sa vision de Faust, ambitieuse et visuellement très léchée mais trop brouillonne pour passionner, un échec.

beyond_reanimator.jpg

Pour remonter la pente en 2003, Yuzna remet le héros de Ré-Animator, Herbert West, en piste dans le 3ème volet: Beyond Ré-Animator. Une alchimie entre gore, outrancier, humour délirant et sensualité débordante enfin retrouvée: une réussite mais malheureusement très mal distribuée en dehors de l'Espagne.

To be continued...