En plus d’être l’un, que dis-je, l’acteur le plus important de l’histoire du cinéma indien, Raj Kapoor se trouve être, sans doute, un réalisateur d’une audace, d’une créativité et d’un intérêt absolument inégalable.
Et c’est à cette activité très méconnue en France que j’aimerais qu’on s’intéresse ici, puisque aucun éditeur n’a daigné sortir l’une des 10 œuvres composants sa modeste mais sublime filmographie en tant que metteur en scène.
Donc, Raj Kapoor (1924 – 1988) fils d’acteur, à 5 ans, il quitte Peshawar pour Mumbai, la capitale artistique nationale et à 24 ans, il crée sa maison de production R.K. Films.
Plus d’information sur sa biographie sur wikipedia.
Sa filmographie en tant que réalisateur:
1948: Aag (Le Feu)
1949: Barsaat (La Mousson)

Une ode à l’amour, tout à tour d’une sombre mélancolie à se rendre malade mais aussi d’une pureté absolument éblouissante.
En cela, la beauté du décor, naturel, s’impose joliment au beau milieu des protagonistes.
La maîtrise technique de la réalisation de Kapoor tâtonne encore mais c’est de part la force du traitement de son sujet et les moyens mis en œuvre qui forcent le respect.
Très contemplatif pour du bollywood, l’œuvre possède un charme unique et nous permet de découvrir l’étendu du talent de Lata Mangeshkar, alors jeune interprète de toutes les sublimes chansons émaillant l’œuvre et en passe de devenir la star que nous connaissons aujourd'hui.
1951: Awaara (Le Vagabond)

Une réflexion sur la société, sa corruption et son influence sur le destin de chacun.
Raj y campe un pauvre jeune homme, simple et naïf (une récurrence par la suite), qui malgré les difficultés et les coups durs reste toujours joyeux. En cela, l’homme sera qualifié de Chaplin indien, pourtant la comparaison s’arrête totalement là, à mon avis.
Ici, l’œuvre est totalement maîtrisée: le fil narratif demeure en totale adéquation avec une délicieuse alchimie entre la musique et le visuel. Le tout étant servi par une photographie élaborée, très contrastés pour accentuer les traits délicats des acteurs mais aussi et surtout, renforcer, le caractère onirique voir allégorique régnant en maître sur le film (Rhaaaa Ghar aaya mera pardesi…).
Un succès planétaire.
1955: Shree 420 (Mr. 420)
1964: Sangam (Confluence)

Un classique triangle amoureux mais renforcer là encore par un caractère onirique omniprésent. Une sorte de masala contemporain (avant l’heure, donc) mais autrement plus riche.
Riche en couleur (sa première incursion dans ce domaine), en recherche esthétique (une merveille de chaque instant) et en sensations (à la fois joyeuses et tristes).
Du romantisme à l’état pur, de l'évasion, du talent à profusion: signe d’un auteur, d'un artiste, d'un génie.
1970: Mera Naam Joker (My Name Is Joker)
1973: Bobby
1978: Satyam Shivam Sundaram (Love Sublime)

Le summum de ce que Raj Kapoor pouvait livrer dans les années 70 (pourtant une période de crise commerciale le concernant).
Une ode à la sensualité et à l'illusion: à l'amour.
Raj ouvre ainsi une porte autrement plus sexuelle, en apportant moult scènes incluant des actrices plus adorables et suggestives les unes que les autres.
D’ailleurs, Zeenat Aman possède cette indécence, ces courbes, cette beauté, cette lascivité…
Une contemplation initiale des plus plaisantes, un final admirablement rythmé, des musiques envoûtantes et mythiques.
La frontière entre le concret et l’abstrait se trouve être des plus fines et Raj le prouve ici d'une très belle manière en nous proposant une œuvre riche et puissante où l’essence divine côtoie l’illusion humaine.
Perfect.
1982: Prem Rog (Love Sickness)
1985: Ram Teri Ganga Maili






















