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Mérital Cinécrophiliac

vendredi, septembre 7 2007

Rig-Veda, voyage

En plus d’être l’un, que dis-je, l’acteur le plus important de l’histoire du cinéma indien, Raj Kapoor se trouve être, sans doute, un réalisateur d’une audace, d’une créativité et d’un intérêt absolument inégalable.

Et c’est à cette activité très méconnue en France que j’aimerais qu’on s’intéresse ici, puisque aucun éditeur n’a daigné sortir l’une des 10 œuvres composants sa modeste mais sublime filmographie en tant que metteur en scène.

Donc, Raj Kapoor (1924 – 1988) fils d’acteur, à 5 ans, il quitte Peshawar pour Mumbai, la capitale artistique nationale et à 24 ans, il crée sa maison de production R.K. Films.

Plus d’information sur sa biographie sur wikipedia.

Sa fiche IMDb.

Sa filmographie en tant que réalisateur:

1948: Aag (Le Feu)

1949: Barsaat (La Mousson)

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Une ode à l’amour, tout à tour d’une sombre mélancolie à se rendre malade mais aussi d’une pureté absolument éblouissante.

En cela, la beauté du décor, naturel, s’impose joliment au beau milieu des protagonistes.

La maîtrise technique de la réalisation de Kapoor tâtonne encore mais c’est de part la force du traitement de son sujet et les moyens mis en œuvre qui forcent le respect.

Très contemplatif pour du bollywood, l’œuvre possède un charme unique et nous permet de découvrir l’étendu du talent de Lata Mangeshkar, alors jeune interprète de toutes les sublimes chansons émaillant l’œuvre et en passe de devenir la star que nous connaissons aujourd'hui.

1951: Awaara (Le Vagabond)

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Une réflexion sur la société, sa corruption et son influence sur le destin de chacun.

Raj y campe un pauvre jeune homme, simple et naïf (une récurrence par la suite), qui malgré les difficultés et les coups durs reste toujours joyeux. En cela, l’homme sera qualifié de Chaplin indien, pourtant la comparaison s’arrête totalement là, à mon avis.

Ici, l’œuvre est totalement maîtrisée: le fil narratif demeure en totale adéquation avec une délicieuse alchimie entre la musique et le visuel. Le tout étant servi par une photographie élaborée, très contrastés pour accentuer les traits délicats des acteurs mais aussi et surtout, renforcer, le caractère onirique voir allégorique régnant en maître sur le film (Rhaaaa Ghar aaya mera pardesi…).

Un succès planétaire.

1955: Shree 420 (Mr. 420)

1964: Sangam (Confluence)

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Un classique triangle amoureux mais renforcer là encore par un caractère onirique omniprésent. Une sorte de masala contemporain (avant l’heure, donc) mais autrement plus riche.

Riche en couleur (sa première incursion dans ce domaine), en recherche esthétique (une merveille de chaque instant) et en sensations (à la fois joyeuses et tristes).

Du romantisme à l’état pur, de l'évasion, du talent à profusion: signe d’un auteur, d'un artiste, d'un génie.

1970: Mera Naam Joker (My Name Is Joker)

1973: Bobby

1978: Satyam Shivam Sundaram (Love Sublime)

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Le summum de ce que Raj Kapoor pouvait livrer dans les années 70 (pourtant une période de crise commerciale le concernant).

Une ode à la sensualité et à l'illusion: à l'amour.

Raj ouvre ainsi une porte autrement plus sexuelle, en apportant moult scènes incluant des actrices plus adorables et suggestives les unes que les autres.

D’ailleurs, Zeenat Aman possède cette indécence, ces courbes, cette beauté, cette lascivité…

Une contemplation initiale des plus plaisantes, un final admirablement rythmé, des musiques envoûtantes et mythiques.

La frontière entre le concret et l’abstrait se trouve être des plus fines et Raj le prouve ici d'une très belle manière en nous proposant une œuvre riche et puissante où l’essence divine côtoie l’illusion humaine.

Perfect.

1982: Prem Rog (Love Sickness)

1985: Ram Teri Ganga Maili

jeudi, août 30 2007

Rig-Veda, focus

Voici une scène, coup de coeur, d'une incroyable intensité extraite de Mohabbatein d'Aditya Chopra..

VIDEO ICI

Encouragés par leur professeur, trois jeunes couples d'étudiants vont braver les interdits de leur école et tomber amoureux.

Nous n'avons aucun mal ici à deviner, le début de cette indécence, de cette sensualité à fleur de peau, à la fois brûlante, moite et hypnotique.

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En fonction de la danse exercée, nous avons trois rythmes endiablés illustrant ainsi trois histoires différentes. Le tout étant enchaîné par des cuts de folie.

Les couples, pourtant improbables voir impossible au départ , se rapprochent au fur et à mesure sur leur rythme haletant et respectif. L'intensité est immense, cela s'accélère. Un miracle va s'accomplir.

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L'amour interdit d'une femme mariée représenté par la danse traditionnelle indienne sur le tempo de ses clochettes de pieds.

L'amour musclé d'un couple débordant d'énergie et de caractère sur les pulsations modernes de puissants tambours.

L'amour classique d'amoureux transis depuis leur tendre jeunesse sur une cadence très latine.

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Au final, qui va l'emporter?

Comme le suggère cette réunion des rythmes autour du thème musical principal de l'oeuvre, personne bien-sûr, puisque toute prohibition sera emportée par un flot de désir et de passion.

Les trois histoires ne font plus qu'une et inondent l'école de leur magnificence et démontrant ainsi, si besoin il en était, que l'amour ne possède aucune barrière.

En tous les cas la superbe mise en image de cette scène mémorable de par son intensité, sa sexualité sous-jacente et insoutenable illustre parfaitement le discours de ce fleuron du cinéma moderne indien.

jeudi, juillet 5 2007

Rig-Veda, réflexion

Kuch Kuch Hota Hai, le Green Snake indien?

"Quoi, comment?" Dixit (non, pas Madhuri…) les connaisseurs.

"Mais quels sont ses films?" S’exclament les novices.

Pour commencer une rapide présentation de ses deux (chef d’)œuvres.

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Kuch Kuch Hota Hai (Quelques choses se passent) est une production indienne réalisée par Yash Johar en 1998 avec Shahrukh Khan, Kajol et Rani Mukherjee, certainement l’un des plus gros succès de Bollywood.

L’histoire de trois amis à l’université : Anjali est amoureuse de Rahul mais ce dernier aime Tina.

En s’en rendant compte, Anjali part sans laisser de trace et Rahul finit par se marier avec Tina avec qui il aura une petite fille. Malheureusement, elle meurt après avoir mis au monde l’enfant.

Des années plus tard, via une lettre écrite juste avant sa mort, Tina charge sa petite fille de retrouver Anjali pour redonner goût à l’amour à son père…

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Green Snake est une œuvre Hongkongaise mise en scène par Tsui Hark en 1993 avec Joey Wong, Maggie Cheung et Wu Xing-Guo, librement inspirée d’une légende très populaire en Chine.

L’histoire de deux sœurs, déesses serpents, White et Green Snake. Pour s’approcher encore un plus de l’humanité, White Snake s’initie à l’amour et se marie avec un jeune instituteur.

Green Snake, jalouse et moins expérimentée, souhaite connaître la même expérience et tombe amoureuse du même homme.

Un moine taoïste est bien décidé à anéantir ce genre de créatures jusqu’au moment où White Snake tombe enceinte…

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Deux fresques baignées dans un esthétisme visuel et auditif, bien que différent, absolument magnifique et inégalé.

Deux œuvres servies par une solide et intelligente narration présentant nombre de similitudes et possédant un dénouement quasi-identique.

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Tout d’abord, à la vue de ces deux résumés, ce qui saute aux yeux, ce sont des thèmes communs: la découverte de l’amour, le triangle amoureux, l’innocence de l’enfance, l’aspect funeste de la vie et l’importance de la paix retrouvée.

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Sur la forme et au-delà de la flamboyance des images, le cinéma de Bollywood a indéniablement influencé Tsui Hark. Pour preuve, cette brûlante chorégraphie indienne chantée dans Green Snake pouvant paraître incongrue et pourtant totalement en adéquation avec le mode narratif. A savoir, faire passer les pensées cachées des protagonistes via cette technique totalement made in India.

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Pour Green Snake, c'est l'histoire de deux créatures tentant de se mêler tant bien que mal au monde des hommes (des grands, des adultes…)... à la manière de deux adolescentes maladroites.

Pour cela, l’amour devient le fil d’Ariane pour permettre cette intégration et ainsi pouvoir survivre dans ce monde, se prouver qu’on existe: être sauver, être libre…

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Du côté de KKHH, Yash Johar insuffle un souffle épique au modèle de la comédie romantique. Un message posthume, un manque, une quête, une recherche du bonheur… autant de choses qui sont abordées également dans la légende reptilienne chinoise.

Rahul n’existe qu’au travers des yeux de sa fille et, lui aussi, doit réintégrer son humanité, sa liberté de pouvoir enfin vivre.

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Enfin, les deux œuvres d’une poésie rare, débordent d’énergie et de charme (grâce à leurs actrices respectives, excusez du peu…). Une sorte de danse mêlant toutes les couleurs existantes chorégraphiées, relevées et agrémentées par une touche d’érotisme, d’exotisme et d’onirisme.

Au final, il en résulte deux œuvres incontournables à l’émotion totalement exacerbée. Une, influencée par le cinéma indien et l’autre, emprunte, à un mythe somme-tout universel, celle d’un amour impossible parfaitement réalisable.

lundi, juin 18 2007

Rig-Veda, hymne

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Rani.

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Féline,

Hante mes nuits de tes lueurs opalines.

Féline,

Lape mon sommeil de ta langue mutine.

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Féline,

Epice nos parfums mêlés, de ta peau saline.

Féline,

Toise mon désir de ta mine coquine.

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Féline, belle Rani.

De l’homme guérit cette douce maladie.

Câline, douce Rani.

De l’homme calme cette schizophrénie.

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Celui, reposé,

Calme et amoureux.

Celui, érigé,

Sauvage et langoureux.

Enfin réconcilié à travers tes doux yeux.

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mardi, juin 12 2007

Rig-Veda, reine

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Aishwarya Rai. La belle, la merveilleuse.

Sa fiche IMDb avec sa filmographie complète.

Une actréesse indienne née le 1er novembre 1973 à Mangalore dans le Karnataka.

Non, il n'y a pas de faute de frappe dans ma phrase précédente. Actréesse est bel et bien un nouveau mot désignant à la fois une actrice et une déesse. Un pléonasme en définitive, si associé à la nationalité indienne, puisque les acteurs et actrices adorés possèdent leurs propres temples en Inde... C'est beau, c'est grand!

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Nous disions donc Aishwarya Rai. L'immense, la talentueuse.

Suite à son titre de miss monde 1994, elle abandonne ses études d'architecture pour devenir super-mannequin mais aussi représentante d'un nombre incalculable de marques dans son pays - voir ailleurs...(L'Oréal et Coca , pour les plus connus).

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Elle commence son aventure cinématographique en 1997 en tournant à deux reprises pour le réalisateur Mani Ratnam (et bientôt un troisième...).

Cette même année elle empoche, déjà, le prix du meilleur espoir féminin pour sa prestation dans Aur Pyar Ho Gaya au Filfare Awards.

Elle confirmera avec le prix de la meilleur actrice en 2000 puis en 2003.

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Par la suite, elle enchaîne les performances, chez le clan Chopra notamment dans l'universel et sublime Mohabbatein.

Mais aussi et surtout , chez Sanjay Leela Bhansali, grâce auquel elle gagnera la reconnaissance de son talent dans Hum Dil De Chuke Sanam et Devdas.

Ha, Devdas, où sa grâce mélée à sa grandeur font merveille. De même, son regard d'un vert profond coumbiné à son rôle de femme forte et torride, permettent de donner un superbe contrepoids à un Shahrukh Khan toujours écrasant (de part son talent...). Ce chef d'oeuvre, véritable tragédie divine de trois heures au rythme effréné, fera Cannes en 2002. L'année suivante, "Aish" sera la première actrice indienne à faire partie d'un jury pour ce même festival.

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Son désir de ne pas s'enfermer, non seulement dans le même genre mais aussi dans le système proprement bollywoodien, lui feront explorer d'autres horizons.

Le cinéma d'auteur, en tournant deux oeuvres pour le talentueux Rituparno Ghosh dans les très réussis et intimistes Chokher Bali et Raincoat.

Mais aussi le cinéma hollywoodien avec le raté Bride and Prejudice (Coup de Foudre à Bollywood) de Gurinder Chadha.

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Enfin, à 33 ans, elle se marie avec Abhishek Bachman le 18 avril 2007.

...soupir...

Faites de beaux rêves...