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Mérital Cinécrophiliac

jeudi, avril 23 2009

Exode vers la botte en cuir chapitre 5

Tystnaden

Tystnaden est un groupe italien formé en 1998 originaire d'Udine plus précisément.

Initialement, le combo baigne dans une sorte de power métal gothique mais, dernièrement, s'oriente plus vers un style s'approchant de près au death mélodique.

Inspiré par la vague métal scandinave de la fin du siècle dernier (Tystnaden se traduit par silence en suédois), la "force silencieuse" donc, voit son activité s'intensifier avec l'arrivée de la fantastique chanteuse Laura De Luca dans ses rangs en 1999.

En 2000, la démo éponyme voit le jour suivi trois années plus tard par l'EP Fragments.

Durant cette période, le line-up se stabilise et le guitariste Cesare Codispoti, seul membre fondateur encore en activité dans le groupe, accueille l'excellent batteur Alberto Lezzi et le keyboardeur Lorenzo Frascaroli, rouage déterminant pour le son du groupe.

Les échos sont bons et, naturellement, le premier album Sham of Perfection sort en 2006 chez Limb Music et le résultat frappe fort.

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Le chant de Laura De Luca se trouve être très éloigné des standards de l'époque: très énergique, alliant sensualité et puissance. Parfois susurré, de temps en temps crié mais toujours imprégné d'une émotion poignante.

Musicalement, les riffs se veulent très lourds et dynamiques. Ils sont émaillés de nombreux breaks tour à tour prog, ambiant, électro et death percutant.

Les liens sont forts et toujours bien pensés, la faute à des mélodies très entraînantes et à une chaleur transalpine débordante.

La pièce s'impose comme un incontournable du genre, l'originalité de son mélange en plus.

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En 2008 sort In Our Eye, toujours enregistré au New Sin Studios par le légendaire Luigi Stefanini, l'album se veut un peu plus agressif. En témoigne, la présence grandissante du chant guttural masculin de Lorenzo, malheureusement ici assez monotone. Seul point négatif.

Pour le reste, c'est du tout bon, le groupe se permettant même d'explorer certaine facette plus expérimentale de son métal liant des rythmes un peu plus "exotiques".

Laura a encore progressé en terme de puissance et les solos gagnent un peu plus en singularité et en dynamisme.

Vivement la suite!

Le site officiel: ICI

Le MySpace: LA

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vendredi, janvier 23 2009

Guignolgoth selon Darren

Repo! The Genetic Opera (2008) - Darren Lynn Bousman

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En 2056, le manque d'organe est un fléau qui touche toute la planète. La société GeneCo apparaît comme la seule solution: cette firme propose des transplantations d'organes à "crédit"...

L'oeuvre est attachante mais mon dieu qu'elle est inégale. D'ailleurs, on peut facilement parler d'expérience unique que ce soit dans le domaine du positif comme du négatif.

L'exemple parfait d’une production casse-gueule: la "jeune" génération rejettera l'opéra et "l'ancienne" dédaignera le côté HDisé.

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Le jeu étant de trouver les belles choses noyées au milieu de moult fautes de goût sur chacune des scènes.

Pourtant, il y avait matière à... mais Bousman confirme qu'il a bien du mal à s'entourer de gens compétents pour aller au bout de ses idées.

A moins que cela vienne de lui, puisque ses acquis, eux, demeurent inchangés: plans multiples cutés par un parkinsonien, cadrage approximatif, caméra bien trop follette …

Je passe sur le score opéra-rock qui lui aussi enchaîne les passages épiques et prenants tout en enchaînant sur des parties plates et redondantes.

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La forme est remplie de bonnes idées afin de mieux servir la narration (belle utilisation des vignettes "comics" et du 16 mm) et peuplée de personnages intéressants (même Paris Hilton s'en sort, truc de fous). Seulement, cette délicate saveur se retrouve plombée par un fond synonyme de néant tellement l'oeuvre ne possède rien à nous conter en retour.

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Dommage car l'aspect grand guignol mixé à l'ambiance gothico-futuriste est assez réussi.

Avis mitigé mais il reste un bon souvenir tout de même!

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mardi, octobre 28 2008

Folie acidulée selon P & T

Sick Nurses - Suay Laak Sai (2007) - Piraphan Laoyont & Thodsapol Siriwiwat

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Sept jolies infirmières se consument d'amour pour un médecin crapuleux et sont agressées par un fantôme venu accomplir une vengeance implacable...

Une sucrerie gorette à la fois exotique et respectueuse de ses influences.

Bien sûr, c'est mal joué, la distribution a été recrutée pour ses qualités plastiques et non pour ses capacités à nous émouvoir.

De plus, la véhémence du propos se fait bien timide comparer à la sauvagerie graphique.

Il faut dire qu'il n'est pas évident de traiter des sujets aussi délicats que, par exemple, l'homosexualité refoulée, l'anorexie et le culte du corps dans ce genre de production dite "bis".

De même, le film ne fait pas vraiment peur, la faute à des procédés bien souvent obsolètes. Cependant, l'objet demeure très réjouissant quand nous prenons la peine de décortiquer les bonnes volontés des artisans ici au travail.

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La trame générale, d’un premier abord très classique, se retrouve totalement libérée au fur et à mesure de notre avancée par le biais d’une mise en scène dynamique et colorée à la fois kitsch (pour les non-allergiques donc) et moderne.

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En effet, nous passons allégrement à des ambiances teintées 70's du cinéma italien et 80's des slashers américains.

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De même, les références oscillent entre la foire à la tripaille d'un Herschell Gordon Lewis, voir d’un Peter Jackson des débuts (quand on rigole…), à la vague des "Yurei Eiga" (films de fantômes japonais), sans pour autant s'en imprégner totalement.

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Balisée de mises à morts sanglantes et inventives, l'oeuvre s’avère coquine, parfois douteuse vicieuse même, mais toujours dans un esprit visant à nous divertir.

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25ème heure, point de non-retour: tout bascule et le film de prendre sens en enfantant d’une multitude d’idées folles tour à tour attendrissantes puis répugnantes mais toujours surprenante, et ce jusqu’au dénouement.

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Au final, nous ressentons une sensation assez unique, coincée entre le festival coloré et la noirceur létale incarnés par cet hôpital circassien et maléfique.

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Il nous reste sur les bras, d'un côté, de la poésie frivole, et de l'autre, du sadisme écrasant.

Curieux et marquant.

mardi, octobre 21 2008

La divine tragédie selon Ryuhei

The Midnight Meat Train (2008) - Ryuhei Kitamura

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Pas de doute, Clive Barker incarne divinement le Porteur de Lumière qui révèle Ryuhei Kitamura.

De même, le réalisateur dément japonais personnifie parfaitement son rôle de maître des marionnettes dévoué à la machine à cauchemarder anglaise.

A l’image de cette œuvre sculpturale, il en résulte une association à la fois infernale et géniale.

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Les obsessions de Barker sont ici mises en image par un Kitamura totalement inspiré et, pour une fois, canalisé afin de pouvoir encore mieux nous faire profiter de sa folie survoltée.

La déchéance à la fois personnelle et globale (Candyman), la violence des relations charnelles et familiales (Hellraiser), les croyances terrestres oubliées (Nightbreed): autant de composantes ici présentes, mijotées délicatement à la sauce pimentée du nippon afin d’améliorer notre immersion dans les ténèbres souffreteuses à la fois spirituelles et souterraines.

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Dominés par ce train représenté en véritable bête sanguinaire, nous assistons impuissants et, malgré tout, avec un intérêt malsain, à une mise en abîme soutenue par une distribution relevée et possédée.

Guidés par ce rail infernal, nous n’en sortirons pas indemnes: l’hystérie gagne du terrain inexorablement, la cruauté du propos également.

L’enfer est-il éternel ou provisoire ? L’enfer est-il terrestre ou céleste? Des amorces de réflexion seront ici apportées juste au seuil de notre perception.

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Un nouveau souffle plane sur la dépouille du genre: unique et incontournable.

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vendredi, octobre 17 2008

Exode vers la botte en cuir chapitre 4

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Secret Sphere, la sophistication incarnée du métal italien.

Le summum du métal néo-romantique à la fois sensuelle et technique, leur musique dégage une essence qui démarque le groupe d'une scène "speed-mélodique" déjà bien fournie.

Aldo Lonobile initie l'entité piémontaise en 1997 : on se cherche au départ mais le line-up restera stable de 1998 à 2003.

Après une démo auto-produite (Between Story And Legend), leur premier album sort en 1999 chez Elevate Records, sous le nom de Mistress Of The Shadowlight.

Enregistré et produit aux célèbres studios New Sin par Luigi Stefanini, l'oeuvre a une bonne presse: c'est un succès.

On nous propose un produit typique du genre, très "fantasy" (mouvance Rhapsody oblige) mais épuré de la grandiloquence du grand cousin: du speed épique avec mélodies bien "catchy" et taillées pour être ancrées dans les mémoires un bon moment.

Un cas d'école bien emballé et propre sur soi.

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Le groupe ne tarde pas à sortir un second effort, virage déterminant pour la suite de leur carrière: ainsi, A Time Never Come voit le jour en 2001.

Le son est différent et les compositions s'étoffent: maturité, originalité et énergie sont de mises.

L'oeuvre explose le classicisme, certes plaisant de l'album précédent. Superbement écrite avec des envolées lyriques d'une puissance de feu rare couplées à une recherche émotionnelle s'appuyant bien souvent sur la voix puissante et languissante de Roberto Messina: la pièce se paye même le luxe d'explorer des sensations nouvelles via l'utilisation d'instruments et de procédés peu coutumiers du genre.

A découvrir/ redécouvrir absolument.

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2002, une signature avec Nuclear Blast en poche, Scent Of Human Desire voit le jour une année plus tard.

A la fois très technique, symphonique mais aussi heavy/rock. Secret Sphere tente ici de se séparer plus encore de la scène power métal italienne traditionnelle.

L'importance des claviers, la basse presque constamment doublée, expérimentation des rythmes et des outils, abandon des thèmes "fantaisistes": nous nous approchons de l'univers métal progressif.

Une approche seulement, puisque l'émotion et le feeling heavy propre au groupe sont toujours présents.

On atteint ici le summum de leur recherche musicale. Quel chemin parcouru depuis leur premier effort!

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Après plusieurs changement de batteurs, Secret Sphere offre Heart and Anger en 2005.

La recette magique de Scent Of Human Desire est gardée puis digérée pour nous proposer un développement de la formule découverte.

La surprise en moins, force est de constater pourtant que le groupe gagne en maîtrise technique et s'amuse à préserver ses références très heavy 80's.

Une continuité logique.

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Nous arrivons ainsi au futur proche: le cinquième album nommé Sweet Blood Theory sortira le 24 octobre 2008 en Europe...

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Pour se faire une idée, voici les liens vers leur My Space et leur site officiel.

jeudi, octobre 9 2008

L'initiation selon Bryan

The Strangers (2008) - Bryan Bertino

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Un jeune couple en crise part en vacances dans une maison isolée en banlieue. Aussitôt, ils deviennent la cible de trois assaillants masqués qui les terrorisent ...

Ha l'initiation...

Dur d'apprendre à aimer. Difficile de s'exercer à tuer.

Voilà, deux postulats de départ alléchants, soutenus par un couple d'acteur parfait en terme de sensibilité et de sensualité.

Ainsi, Liv Tyler arrive à nous faire oublier sa morne prestation au sein du giron Marvel et parvient à démontrer toute sa force émotive dans un genre qui lui sied à ravir. Car, oui, The Strangers se veut respectueux de l'âge d'or des slashers 70's et 80's mais aussi et surtout s'évertue à nous proposer une modernité fascinante dans sa (re)lecture.

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Nous sommes ici guidés par le doute. Un doute qui planera jusqu'à la fin: c'est très bien mais il est important dans ce cas de développer d'une manière quasi-exacerbée les émotions mises en place au beau milieu du terrain de jeu.

Le ventre mou central de l'histoire manque cruellement de relief et de contraste pour éviter aux personnages de tourner en rond. Préjudiciable, d'autant plus qu'il y avait largement la place pour insuffler plus de folie à cette ode à la peur et à l'intrusion aux ficelles plus ou moins classiques.

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Heureusement, la mise en scène est léchée (bien souvent caméra à l'épaule) voir inventive (les effets flous des plans larges): cadre soigné, rythme tour à tour lent et nerveux... Autant de composantes qui nous laissent croire que, pour son premier film, Bryan Bertino est prometteur.

En bref, une oeuvre finalement attachante qui met en évidence le minuscule point de rencontre entre l'amour et la peur : savoureux.

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mardi, septembre 16 2008

Rig-Veda, histoire

Jodhaa Akbar (2008) - Ashutosh Gowariker

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Ashutosh Gowariker.

Un nom maintenant familier, synonyme d'élégance et de sophistication.

L'homme qui a mis en scène le mondialement reconnu et pourtant surestimé Lagaan: Once Upon a Time in India, celui-là même qui nous a livré l'intimiste et touchant Swades: We, the People, oui, cet homme là, revient 4 ans plus tard pour accoucher (dans la douleur) de cette fresque historique très alléchante sur le papier.

Au 16ème siècle, le Grand Empereur et conquérant Moghol, Jalaluddin Muhammad (Hrithik Roshan) a envahi l’Hindoustan et arrive sur le royaume des Rajputs: des tensions s'installent entre musulmans et hindous. Afin d’éviter un conflit sanglant, les Rajputs donnent leur fille Jodhaa (Aishwarya Rai) en mariage à Jalaluddin qui accepte…

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D’emblée, nous sommes rassurés, Gowariker arrive à apporter le souffle héroïque de Lagaan en prenant soin d’escamoter cette naïveté embarrassante grâce à l’adjonction de cette "fureur amoureuse" qu’augurait déjà la somptuosité d’un Swades. Le contexte historique étant bien réel, les faits, eux, dixit le réalisateur pour se protéger des foudres de son pays, ont été romancés voir inventés sur certains aspects.

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L'absence de danse du couple explosif formé par Hrithik Roshan et Aishwarya Rai aurait été impardonnable. Seulement voilà, en contre-partie et ceci afin d’ajouter du crédit à leur statut d’êtres divins pas si monolithiques, on nous propose à la place des duels aux sabres s’inspirant du wu xia moderne Est asiatique.

Mêlé au charme hindou, nous obtenons ainsi une recherche esthétique originale et réjouissante: une bouffée d’air frais indéniable sortant l’œuvre des passages obligatoires du genre.

Alors certes, les relatives faiblesses des compositions d'A.R Rahman décevront un peu: l’oeil prendra donc ici le pas sur l'oreille.

Beaucoup y verront une ode à l'amour mais, de par les choix narratifs, il s'agirait plutôt d'un hymne à la tolérance.

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Une fable épique de 3h30 nécessite de notre part une certaine exigence.

Première impression, c'est magnifique.

Dernière impression, c'est magnifique. Et ce malgré un manque de rythme certain et, au final, une légère carence émotionnelle déroutante.

Malgré cela, ces défauts seront irrémédiablement effacés de nos mémoires pour laisser place au plaisir procuré par la vision de ce tableau de maître.

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La mise en scène flamboyante, le couple Roshan - Rai magique, la profondeur du propos traitée d'une façon à la fois sensible et cruel: trois facteurs réunis nous encourageant à tomber amoureux pour la vie.

C'est rare: cela n'arrive qu'une fois.

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http://www.jodhaaakbar.com/

mercredi, septembre 3 2008

Rig-Veda, luxure

Sakuran (2006) - Mika Ninagawa

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Yoshiwara, quartier des plaisirs et du divertissement de la capitale Edo, l'ancienne Tokyo. Réservé à l'élite de la société japonaise, ce quartier clos est la demeure des plus grandes courtisanes de l'époque : les Oïran. Elles font et défont les tendances et la mode de l'époque, et sont aussi enviées que détestées... Parmi elles, une femme, Kiyoha, va devenir une légende sous le nom de Higurashi...

La complexité et la simplicité de l'amour: tout est là!

Nous sommes libres d'aimer, certes, mais comment ne pas succomber à une oeuvre aussi ravissante pour nos yeux et nos oreilles. Le lien est fort et né dès les premières minutes, étincelantes, où chacun des plans y est soigneusement étudié mais laisse aussi libre cours à notre imagination et à nos réflexions les plus folles.

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On nous susurre la délicieuse moiteur des peaux mêlée à la décadence des lieux. On joue avec le talent, la beauté et surtout le soufre d'Anna Tsushiya.

Enfin, cela fleure bon le désir fou, la dangereuse passion agonisante et le sel de nos larmes finales Alors, oui, parfois ces atouts (atours?) sont très (trop?) appuyés afin de laisser le récit s'auto-satisfaire d'un regard suffisant et complaisant.

Mais qui en voudrait à une créature divine à la fois si parfaite et (rarement) imparfaite de prendre son pied toute seule? Et, à elle de nous laisser regarder, de nous laisser sur le carreau, avide de désir... Comment ne pas succomber?

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jeudi, août 7 2008

L'amour mort selon Jay

Zombie strippers (2008) - Jay Lee

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Dans un futur proche, Kat, une jeune strip-teaseuse de Sartre, une ville tranquille du Nebraska est infectée par un mystérieux virus. Elle devient un zombie assoiffé de sang lui donnant des allures de tueuse lorsqu'elle fait ses shows. Elle devient l'attraction le plus populaire du club, rendant par cette occasion les autres filles terriblement jalouses. Mais le virus commence alors à se répandre...

Sexy, gory et funny.

Une belle pièce à mettre à part sur le vieux visage buriné des horror-movies américains.

Du cinéma Z née bien souvent de nouvelle forme d'exploitation, dans tous les sens du terme.

Car oui, l'idée initiale (à "exploiter"), il ne faut pas se voiler la face, c'est de faire jouer des pornstars dans un film de zombies.

De quoi amenuiser toutes prétentions un tant soit peu intelligentes, en effet, sauf si...

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On nous propose une invitation à un voyage dans un futur proche, une virée un peu fauchée dans sa forme et son déroulement, pourvue tout de même de SFX de bonne qualité, silicone compris.

Cependant, les filles du pays sont jolies, Robert Englund toujours aussi cabotin et l'hemoglobine chiche, pour un objet filmique non-identifié mais décomplexé, honnête, divertissant, jolie (oui oui) et dynamique.

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Bref, cela donne du plaisir, on s'amuse, on pleure, on rit: c'est la vie (et la mort) de Roxy, Jenna, Shamron, Penny... Contrat rempli. Merci Jay Lee et Headquarters.

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jeudi, juillet 17 2008

Ange ou démon selon Mario

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Diabolik (1968) - Mario Bava

Diabolik, c’est l’orgasme filmique par excellence.

Une œuvre sans queue ni tête où, en simple spectateur impuissant on nous expose la vie privée haute en couleur d’un voleur à la personnalité et aux motivations à la fois complexes et amorales.

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Tel Batman, fortuné suite à ses gras larcins, l’homme masqué est doté d’une myriade de gadgets du plus loufoque au plus utile en passant par le plus encombrant tel que sa "Batcave" très "flashy pétante" (pour les allergiques aux années érotiques, passés votre chemin).

Tel James Bond, il se donne la permission de tuer sans sourciller mais reste fidèle à une seule et même femme, à la fois complice et partenaire sexuelle, humaine et déesse, fragile et maîtresse-femme.

Tel Robin des Bois, il s’attaque au plus riche afin de les dévaliser de tout apparat un tant soit peu brillant et coûteux, mais garde cependant tout pour lui et se vautre dedans sans vergogne.

Un véritable poil à gratter dans une société étriquée, guindée et vérolée: il personnifie à lui-seul le combattant à la fois anarchique, libertaire (libertin aussi) et surtout bon vivant engagé dans une guerre sans fin qui voit s’affronter l’individualisme, la misanthropie, la liberté contre le conformisme, la monotonie et l’uniformité du monde contemporain.

Voilà, nous tenons ici une exposition du négatif de ces trois héros afin de mieux nous immerger à 100% dans cet univers délicieusement bigarré.

Dès le premier centimètre de pellicule, on nous expose le tableau de façon très contemplative pour un film d’action: le rythme est langoureux et le ton, léger mais posé sur une toile de fond d’une gravité, d’une réflexion autrement plus socio-politique qu’il n’y paraît.

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Un véritable plaisir pour nos sens et un bien bel hommage à l’ambiance "fumetti" donc. Le tout étant rehaussé par le sens artistique de la mise en scène d’un Mario Bava qui nous régale d’au moins une fabuleuse idée par minute.

Une œuvre unique qui a totalement digéré ses influences afin de nous servir un festival onirique d’une sophistication rare.

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jeudi, juillet 10 2008

Exotisme à la chlorophylle selon Carter

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The Ruins (2008) - Carter Smith

Quatre jeunes Américains voient leurs vacances mexicaines tourner au vinaigre lorsqu’ils se retrouvent au beau milieu d’une jungle hostile dominée par une ancienne pyramide Maya présente sur les lieux depuis des millénaires…

Survival et teenager font-ils bon ménage? D’expérience, nous avons été témoin de bonnes surprises, mais, plus récemment pas vraiment (The Descent étant tout de même très grave et adulte et, heureusement, éloigné des artifices coutumiers de la vie passionnante des adolescents).

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L’émulation formée par le quatuor d’acteurs Shawn Ashmore, Laura Ramsey, Jonathan Tucker et Jena Malone est de qualité pour ce genre de production. Seulement voilà, autant d’implication, de charme et de potentiel émotif gâchés par des dialogues désastreux.

L’intérêt et l’originalité du synopsis de départ (une adaptation du roman de Scott B. Smith - l’auteur d’un Plan si simple – par lui-même) se trouvent être gâché par une absence totale de traitement de la psychologie des personnages réduits à être de la chair à canon.

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En parlant de chair, l’œuvre est émaillée de son lot de (longs) plans gratuitement gores (passages maintenant obligés depuis l’avènement des Saw like) mais aussi d’une volonté, grâce à son rythme soutenu et réussi, de tenir le spectateur à la gorge et ne plus le lâcher jusqu’à la fin. Alors, cette fameuse fin, oui, cette dernière scène (grecque), où nous comprenons:

1- Qu’il est possible que nous ayons affaire à une gigantesque comédie (involontaire?) 2- Par là-même, pourquoi nous ne sommes pas nombreux à rire aux éclats sur 2 ou 3 scènes précédentes…

Le choix de privilégier le concret à l’abstrait est courageux. Libre à nous de nous questionner, au beau milieu d’un "Qu’est ce qu’on fait? Je ne sais pas. Et toi, tu pense quoi?", sur un possible parallèle avec une société tuméfiée voir avec un ravage pandémique. De même, libre à nous de contempler le potentiel de la menace émanant de cette pyramide maudite.

Pour se faire, le film bénéficie d’un esthétisme très plaisant, la faute à l’œil (bien) éclairé de Dariusz Kondhji mais se trouve dotée d’une mise en scène juste académique venant de la part d’un photographe de mode réputé comme Carter Smith.

Un produit honnête et intéressant doté d’une puissance de feu trop souvent canalisée par ses maladresses et son absence de fond totalement étouffé par "la forme végétative dense et luxuriante" de son sujet.

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mercredi, juillet 9 2008

La révolution robotique selon Noboru

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The Machine Girl - Kataude mashin gâru (2008) - Noboru Iguchi

''Une jeune étudiante, Ami voit sa vie basculée le jour où un groupe de yakuzas particulièrement hargneux massacre sa famille et la torture en lui coupant le bras gauche. Décidée à se venger, elle sera aidée par le père d'une victime, qui remplacera son bras manquant par une mitrailleuse automatique dévastatrice...''

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Attention oeuvre (déjà) culte sans date de sortie en France pour l'instant.

Euphorique, décomplexé, festif, Noburu Iguchi réussit l'exploit de nous livrer un film de vengeance moderne jouissif, à la Japonaise, digne successeur d'oeuvres cultes sorties dans les années 60-70 comme Lady Snowblood / Sex & Fury. Successeur, dans le sens où il s'agit d'une évolution logique du genre, la déferlante Sentaï des années 80-90 et "kitamuresque" des années 2000 en plus!

The Machine Girl est ancrée dans la (dure) réalité (?) présente du monde des yakusas. Voilà, le reste de l'histoire on s'en moque, puisque tout est prétexte à une gigantesque pétaradante sauvagerie. On se délecte enfin d'une succession de scènes violentes extrêmes d'une profusion et d'une précision rarement aussi intense depuis la sortie de Braindead: geyser d'hémoglobine et soupe au vomi délicatement agrémentés d'humour potache drôle se rapprochant d'un Evil Dead 3. Du plaisir en barre donc, pour les nostalgiques de l'époque glorieuse du cinéma gore.

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Un foutoir organisé parfois sublime à regarder digne d'un Ryuhai Kitamura en forme (on pense à Versus, par exemple). Un savant mélange purement jouissif voir même, parfois, transgressif, déguisé, une fois de plus, en une attaque en règle contre l'ordre établi (la police? Quelle police? La famille? Quelle famille? Le travail? La moralité? ... ha ban non... )

On pardonnera les costumes ridicules et l'approximation de certains effets tellement l'ensemble est jubilatoire, beau, drôle et, surtout, rare.

Les Japonais possèdent un zoo spécial, ils nous ont caché une espèce en voie de disparition! Houra et bravo à eux!

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vendredi, septembre 7 2007

Rig-Veda, voyage

En plus d’être l’un, que dis-je, l’acteur le plus important de l’histoire du cinéma indien, Raj Kapoor se trouve être, sans doute, un réalisateur d’une audace, d’une créativité et d’un intérêt absolument inégalable.

Et c’est à cette activité très méconnue en France que j’aimerais qu’on s’intéresse ici, puisque aucun éditeur n’a daigné sortir l’une des 10 œuvres composants sa modeste mais sublime filmographie en tant que metteur en scène.

Donc, Raj Kapoor (1924 – 1988) fils d’acteur, à 5 ans, il quitte Peshawar pour Mumbai, la capitale artistique nationale et à 24 ans, il crée sa maison de production R.K. Films.

Plus d’information sur sa biographie sur wikipedia.

Sa fiche IMDb.

Sa filmographie en tant que réalisateur:

1948: Aag (Le Feu)

1949: Barsaat (La Mousson)

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Une ode à l’amour, tout à tour d’une sombre mélancolie à se rendre malade mais aussi d’une pureté absolument éblouissante.

En cela, la beauté du décor, naturel, s’impose joliment au beau milieu des protagonistes.

La maîtrise technique de la réalisation de Kapoor tâtonne encore mais c’est de part la force du traitement de son sujet et les moyens mis en œuvre qui forcent le respect.

Très contemplatif pour du bollywood, l’œuvre possède un charme unique et nous permet de découvrir l’étendu du talent de Lata Mangeshkar, alors jeune interprète de toutes les sublimes chansons émaillant l’œuvre et en passe de devenir la star que nous connaissons aujourd'hui.

1951: Awaara (Le Vagabond)

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Une réflexion sur la société, sa corruption et son influence sur le destin de chacun.

Raj y campe un pauvre jeune homme, simple et naïf (une récurrence par la suite), qui malgré les difficultés et les coups durs reste toujours joyeux. En cela, l’homme sera qualifié de Chaplin indien, pourtant la comparaison s’arrête totalement là, à mon avis.

Ici, l’œuvre est totalement maîtrisée: le fil narratif demeure en totale adéquation avec une délicieuse alchimie entre la musique et le visuel. Le tout étant servi par une photographie élaborée, très contrastés pour accentuer les traits délicats des acteurs mais aussi et surtout, renforcer, le caractère onirique voir allégorique régnant en maître sur le film (Rhaaaa Ghar aaya mera pardesi…).

Un succès planétaire.

1955: Shree 420 (Mr. 420)

1964: Sangam (Confluence)

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Un classique triangle amoureux mais renforcer là encore par un caractère onirique omniprésent. Une sorte de masala contemporain (avant l’heure, donc) mais autrement plus riche.

Riche en couleur (sa première incursion dans ce domaine), en recherche esthétique (une merveille de chaque instant) et en sensations (à la fois joyeuses et tristes).

Du romantisme à l’état pur, de l'évasion, du talent à profusion: signe d’un auteur, d'un artiste, d'un génie.

1970: Mera Naam Joker (My Name Is Joker)

1973: Bobby

1978: Satyam Shivam Sundaram (Love Sublime)

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Le summum de ce que Raj Kapoor pouvait livrer dans les années 70 (pourtant une période de crise commerciale le concernant).

Une ode à la sensualité et à l'illusion: à l'amour.

Raj ouvre ainsi une porte autrement plus sexuelle, en apportant moult scènes incluant des actrices plus adorables et suggestives les unes que les autres.

D’ailleurs, Zeenat Aman possède cette indécence, ces courbes, cette beauté, cette lascivité…

Une contemplation initiale des plus plaisantes, un final admirablement rythmé, des musiques envoûtantes et mythiques.

La frontière entre le concret et l’abstrait se trouve être des plus fines et Raj le prouve ici d'une très belle manière en nous proposant une œuvre riche et puissante où l’essence divine côtoie l’illusion humaine.

Perfect.

1982: Prem Rog (Love Sickness)

1985: Ram Teri Ganga Maili

jeudi, août 30 2007

Rig-Veda, focus

Voici une scène, coup de coeur, d'une incroyable intensité extraite de Mohabbatein d'Aditya Chopra..

VIDEO ICI

Encouragés par leur professeur, trois jeunes couples d'étudiants vont braver les interdits de leur école et tomber amoureux.

Nous n'avons aucun mal ici à deviner, le début de cette indécence, de cette sensualité à fleur de peau, à la fois brûlante, moite et hypnotique.

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En fonction de la danse exercée, nous avons trois rythmes endiablés illustrant ainsi trois histoires différentes. Le tout étant enchaîné par des cuts de folie.

Les couples, pourtant improbables voir impossible au départ , se rapprochent au fur et à mesure sur leur rythme haletant et respectif. L'intensité est immense, cela s'accélère. Un miracle va s'accomplir.

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L'amour interdit d'une femme mariée représenté par la danse traditionnelle indienne sur le tempo de ses clochettes de pieds.

L'amour musclé d'un couple débordant d'énergie et de caractère sur les pulsations modernes de puissants tambours.

L'amour classique d'amoureux transis depuis leur tendre jeunesse sur une cadence très latine.

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Au final, qui va l'emporter?

Comme le suggère cette réunion des rythmes autour du thème musical principal de l'oeuvre, personne bien-sûr, puisque toute prohibition sera emportée par un flot de désir et de passion.

Les trois histoires ne font plus qu'une et inondent l'école de leur magnificence et démontrant ainsi, si besoin il en était, que l'amour ne possède aucune barrière.

En tous les cas la superbe mise en image de cette scène mémorable de par son intensité, sa sexualité sous-jacente et insoutenable illustre parfaitement le discours de ce fleuron du cinéma moderne indien.

jeudi, juillet 12 2007

Klaatu, Barada, Nikto selon Sam

Une de mes scènes les plus fameuses.

Celle dite "du puits" dans Evil Dead III, Army Of Darkness de Sam Raimi (1992), située au début du film.

Une succession de plans serrés et larges très astucieux. Une multitude d'effets délicieux à la fois comiques et gores par le biais d'accélérés contrôlés et de gros plans exagérés chers au réalisateur qui n’était pas (encore) en manque d’imagination et d’inspiration sur cette œuvre dédiée au travail de Ray Harryhausen et à l’humour d'un Tex Avery.

On plante le décor.

L’antihéros de la trilogie, Ash (l'énorme Bruce Campbell), se retrouve propulsé au Moyen-Age par le Necronomicon.

Il est tout de suite fait prisonnier par l’armée du seigneur Arthur pour être amené au château devant un puit inquiétant afin d’être mis à mort en compagnie d’autres prisonniers.

L’exécution commence, l’un des hommes est jeté au fond du puits…

"Tu vois quelque chose, toi?" Demande un garde à son collègue d’en haut d’une tour de gué.

Grand silence…

Gros plan sur le visage de Ash. La couleur rouge affichée sur sa face nous annonce le pire mais quoi?

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Une énorme (bien trop énorme pour un seul homme) colonne de sang émerge du puits.

Une exagération transformant cette situation dramatique en un effet burlesque.

Premier et presque dernier effet gore, la surprise est de taille, on ne s'attendait vraiment pas à cela : d'où l'hilarité générale.

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Après moult tergiversions bien rigolotes, c’est au tour de Ash. On lui jette une pierre à la tête, il perd l’équilibre. Beau plan large vue du puits qui annonce l'enfer se trouvant en bas.

Les jambes d'Ash apparaissent d'une longueur surréaliste renforçant toujours l'aspect comique. Avant de tomber au fond du puits, juste au moment de sauter, l’homme nous gratifie d’un joli salto avant.

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Dans le puits. Gros plans sur la tête ahurie de Ash nous ramenant directement au final des deux premier opus. Nous constatons qu’il visualise son environnement, pas nous...

Renforcement de notre inquiétude.

Silence.

A notre tour, nous découvrons le lieu via un panoramique à 360° avec pour point d’ancrage notre héros préféré.

Silence.

En référence à l'événement précédent, il va se passer quelque chose de dantesque, c’est sûr…

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Un monstre ninja apparaît soudainement du milieu des eaux.

Le combat avec le monstre du puits fait rage et commence par le biais de plan large malgré l'étroitesse du lieu. On revient vers les gros plans pour renforcer l'aspect souffre-douleur de Ash et aussi la substance "cartoon" du film via les grimaces de l’acteur.

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Notre antihéros étant en mauvaise posture, une bonne âme balance son arme fétiche dans le puits.

La délivrance.

En référence au tableau de Michel-Ange, Ash ne touche pas le doigt de dieu mais dans les airs, réussi à emboîter sa tronçonneuse directement sur son moignon du premier coup.

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Maintenant « invulnérable », l’homme fait un massacre.

Pause improbable, réplique qui claque, gnon dans la figure, découpage en bonne et due forme: la machine Ash tourne à plein régime pour notre plus grand plaisir !

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Notre héros est attachant, drôle mais pas sympa. On assombrit son visage pour passer du cartoon potache à une ambiance plus "comics" (autre source d’inspiration de Sam Raimi, déjà réalisateur de Darkman, puis, par la suite des Spider-Man, forcément, ça ne s’invente pas…)

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...Du grand art...

jeudi, juillet 5 2007

Rig-Veda, réflexion

Kuch Kuch Hota Hai, le Green Snake indien?

"Quoi, comment?" Dixit (non, pas Madhuri…) les connaisseurs.

"Mais quels sont ses films?" S’exclament les novices.

Pour commencer une rapide présentation de ses deux (chef d’)œuvres.

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Kuch Kuch Hota Hai (Quelques choses se passent) est une production indienne réalisée par Yash Johar en 1998 avec Shahrukh Khan, Kajol et Rani Mukherjee, certainement l’un des plus gros succès de Bollywood.

L’histoire de trois amis à l’université : Anjali est amoureuse de Rahul mais ce dernier aime Tina.

En s’en rendant compte, Anjali part sans laisser de trace et Rahul finit par se marier avec Tina avec qui il aura une petite fille. Malheureusement, elle meurt après avoir mis au monde l’enfant.

Des années plus tard, via une lettre écrite juste avant sa mort, Tina charge sa petite fille de retrouver Anjali pour redonner goût à l’amour à son père…

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Green Snake est une œuvre Hongkongaise mise en scène par Tsui Hark en 1993 avec Joey Wong, Maggie Cheung et Wu Xing-Guo, librement inspirée d’une légende très populaire en Chine.

L’histoire de deux sœurs, déesses serpents, White et Green Snake. Pour s’approcher encore un plus de l’humanité, White Snake s’initie à l’amour et se marie avec un jeune instituteur.

Green Snake, jalouse et moins expérimentée, souhaite connaître la même expérience et tombe amoureuse du même homme.

Un moine taoïste est bien décidé à anéantir ce genre de créatures jusqu’au moment où White Snake tombe enceinte…

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Deux fresques baignées dans un esthétisme visuel et auditif, bien que différent, absolument magnifique et inégalé.

Deux œuvres servies par une solide et intelligente narration présentant nombre de similitudes et possédant un dénouement quasi-identique.

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Tout d’abord, à la vue de ces deux résumés, ce qui saute aux yeux, ce sont des thèmes communs: la découverte de l’amour, le triangle amoureux, l’innocence de l’enfance, l’aspect funeste de la vie et l’importance de la paix retrouvée.

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Sur la forme et au-delà de la flamboyance des images, le cinéma de Bollywood a indéniablement influencé Tsui Hark. Pour preuve, cette brûlante chorégraphie indienne chantée dans Green Snake pouvant paraître incongrue et pourtant totalement en adéquation avec le mode narratif. A savoir, faire passer les pensées cachées des protagonistes via cette technique totalement made in India.

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Pour Green Snake, c'est l'histoire de deux créatures tentant de se mêler tant bien que mal au monde des hommes (des grands, des adultes…)... à la manière de deux adolescentes maladroites.

Pour cela, l’amour devient le fil d’Ariane pour permettre cette intégration et ainsi pouvoir survivre dans ce monde, se prouver qu’on existe: être sauver, être libre…

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Du côté de KKHH, Yash Johar insuffle un souffle épique au modèle de la comédie romantique. Un message posthume, un manque, une quête, une recherche du bonheur… autant de choses qui sont abordées également dans la légende reptilienne chinoise.

Rahul n’existe qu’au travers des yeux de sa fille et, lui aussi, doit réintégrer son humanité, sa liberté de pouvoir enfin vivre.

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Enfin, les deux œuvres d’une poésie rare, débordent d’énergie et de charme (grâce à leurs actrices respectives, excusez du peu…). Une sorte de danse mêlant toutes les couleurs existantes chorégraphiées, relevées et agrémentées par une touche d’érotisme, d’exotisme et d’onirisme.

Au final, il en résulte deux œuvres incontournables à l’émotion totalement exacerbée. Une, influencée par le cinéma indien et l’autre, emprunte, à un mythe somme-tout universel, celle d’un amour impossible parfaitement réalisable.

jeudi, juin 28 2007

Exode vers la botte en cuir chapitre 3

Quel plaisir procuré par l’écoute du dernier album du groupe Labyrinth, 6 Days To Nowhere! Une joie inattendue puisque le groupe originaire de Massa revient de loin...

Formé en 1991 grâce à la brûlante association entre Fabio Lione (futur chanteur d’Athena puis des désormais célèbres Rhapsody), Olaf Thorsen (Carlo Andrea Magnani, maître à penser, guitariste / compositeur, maintenant consacré à Vision Divine, le petit cousin) et Anders Rain (Andrea Cantarelli, pièce maîtresse du groupe).

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Après une démo et un E.P, c’est en 1996 que la formation sort son premier album, No Limits.

L’effet d’une bombe. L’importance des claviers, un chant haut-perché, une paire de guitare talentueuse et inspirée font que cette offrande dédiée au heavy speed mélodique limite progressif connaîtra un bon succès populaire en Europe, certes, mais aussi dans d’autres pays comme le Brésil, le Japon, la Corée… Via des hits comme Piece Of Time, Dreamland et No Limits le monde découvre enfin le nouveau visage du heavy italien.

L’album qui déclenchera toute cette ébullition Méritalienne…

Sur ce, Fabio Lione quittele groupe et enfoncera le clou grâce aux coups de butoir de sa future formation qui enchérira dans le domaine de la grandiloquence orchestrale mélodique, Rhapsody... Premier coup dur… Pour encore mieux rebondir.

En 1997, Roberto Tiranti (Rob Tyrant) prend en charge les vocalises et impose sa patte féline sur le style Labyrinth. Un chant plus contrasté, plus puissant dans les graves et bien plus sensuel dans les aigus. Une bonne opération doublée de l’arrivée en renfort du talentueux Andrea De Paoli au clavier et du carré Mattia Stancioiu à la batterie. Une signature sur le label le plus important du moment (Metal Blade) et l’équipe est fin prête pour sortir son deuxième album.

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Return To Heaven Denied sort en 1998 et c’est un succès. La sophistication des morceaux, leur caractère entraînant, leur puissance, leur sensibilité font que le groupe devient la sensation du moment. Il faut écouter le titre Moonlight pour se rendre compte combien le groupe aime se renouveler en changeant souvent de rythme, en imposant des breaks épiques quasi-progressifs tout en ne relâchant pas la pression et continuer à saper tout espoir de retrouver son souffle. On ne le retrouvera pas, noyé par ce déluge de mélodies imparables : du grand art!

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2001, trois ans que le groupe se cherche, tourne beaucoup et c’est dans la douleur que sort Sons Of Thunder en 2001.

Malgré une production longue et catastrophique, cet album concept est très bien accueilli en Italie et au Japon. Seulement, voilà, le mauvais choix du producteur aura raison des plus belles compositions du groupe et ainsi à défaut d’être l’album de la consécration, ce dernier sera reconnu comme étant l’album de la déception.

En 2002, Olaf Thorsen, l’un des principaux compositeurs du groupe, s’en va pour se consacrer exclusivement à Vision Divine.

Le doute s’installe.

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En 2003, le groupe signe chez Century Media pour accoucher de leur album éponyme, Labyrinth.

Là encore, une grosse déception. Malgré quelque fulgurance, la vie semble avoir déserté l’âme du groupe pour nous laisser une œuvre inerte et sans saveur.

L’arrivée en renfort de l’expérimenté Pier Gonella à la guitare en 2004 et sa participation à l’écriture du prochain album vont finalement redorer le blason du groupe italien.

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En 2005, chez Arise Records, ils nous livrent Freeman et s’aventurent dans une voie bien plus agressive tout en nous assénant des mélodies plus accrocheuses les unes que les autres.

Une parfaite alchimie donc mais aussi une évolution témoignant d’une maturité indéniable: les ambiances diverses et variées nous entraînent vers une modernité et un équilibre faisant défaut aux deux précédents albums. Labyrinth est enfin libre, libre de nous délivrer les fruits de sa métamorphose.

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En 2007, suite à une signature chez Scarlet Records, le line-up est enfin stabilisé, ils enfoncent le clou avec leur dernier rejeton, 6 Days To Nowhere.

Labyrinth gagne encore en technique, étoffe son jeu tout en gardant son savoir-faire heavy-mélodique ultra-classe et nous gratifie de parties relativement violentes.

Par exemple et pour témoigner de leur savoir-faire, ces parties blast beat, non-coutumières du genre, qui atomisent tout et adoucit par une production claire et net. Un cocktail savoureux à l’épreuve de l’ennui, du pur Labyrinth quoi: du génie.

Le dernier clip, Lost, extrait de ''6 Days To Nowhere''.

Le site officiel du groupe.

Des MP3.

lundi, juin 18 2007

Rig-Veda, hymne

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Rani.

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Féline,

Hante mes nuits de tes lueurs opalines.

Féline,

Lape mon sommeil de ta langue mutine.

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Féline,

Epice nos parfums mêlés, de ta peau saline.

Féline,

Toise mon désir de ta mine coquine.

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Féline, belle Rani.

De l’homme guérit cette douce maladie.

Câline, douce Rani.

De l’homme calme cette schizophrénie.

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Celui, reposé,

Calme et amoureux.

Celui, érigé,

Sauvage et langoureux.

Enfin réconcilié à travers tes doux yeux.

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vendredi, juin 15 2007

Exode vers la botte en cuir chapitre 2

Beholder, peut-être le groupe qui me tient le plus à coeur pour sa progression foudroyante et son charme unique.

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En 1998, sous l'impulsion du chanteur Patrick Wire, le groupe se forme pour nous délivrer un heavy-métal assez traditionnel.

Rejoint par des musiciens de talent, le groupe trouve ses marques et arrive à se distinguer de la masse "pasta-métallique" grâce à l'arrivée en 1999 de la jeune et talentueuse Leanan Sidhe. Non seulement mignonne à croquer, elle apporte au groupe une dynamique sensuelle à leur composition qui va définitivement les placer à part.

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En 2000, ils s'enrichissent de la venue du guitariste Markus Mayer qui apportera la technique suffisante et surtout un son pour porter le groupe sur des bases assez thrash.

Tout de suite après, ils signent un contrat intéressant avec ''Dragonheart Records'' pour enfin se pencher sur la construction d'un véritable premier album (trois démos ont été sorties avant).

La singularité du keyboardiste Mark Vikar étoffera encore un peu plus leurs mélodies au moment où sort The Legend Begins en 2001.

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Des débuts prometteurs, l'album propose un heavy-métal italien mélodique relativement classique mais très bien exécuté. Nous sentons déjà leurs particularités poindre. L'alternance de chant féminin / masculin est très bien exécutée et la formule épique fonctionne à merveille.

Seulement, il restera de petits défauts techniques à corriger, la production faiblarde et surtout que le groupe se libère artistiquement. Ca sera chose faite. Le meilleur reste à venir. La nymphe se transformera en papillon et quel papillon!

En 2002, Wish For Destruction sort et c'est l'hystérie, pas sur les ventes malheureusement, mais sur leur expérimentation, leur production et leur liberté de composition.

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Des mélodies fortes et accrocheuses, des tempos rapides, très rapides et des ambiances tour à tour sombres et organiques pouvant très bien s'inclure au sein d'un film.

Un deuxième album qui se fait violence, soutenu par des solos guitare / piano fabuleux et des rythmes très originaux dans le domaine du heavy. Incontournable (cf le lien vers le clip).

Lethal Injection, en 2004, nous conforte largement dans l'idée que nous tenons ici un groupe dont le désir le plus cher est de faire évoluer son style et de proposer activement des choses nouvelles.

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Ici, il sera question d'un "cold" heavy métal très synthétique limite futuriste. Une ode à la mélancolie au rythme plus que soutenue: on touche au sublime.

Une sorte d'oeuvre gothique photo-speedée à la luminosité du soleil. Malheureusement, le groupe s'y brûlera les ailes et c'est vraiment dommage que ces talentueux musiciens ne travaillent plus ensemble. Le groupe milanais s'est séparé récemment... Snif...

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Des MP3 sur leur site officiel.

Un clip sur YouTube: Wish For Destruction!!!

mercredi, juin 13 2007

L'Apocalypse selon Brian

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Sa fiche IMDb, sa filmographie complète.

Brian Yuzna, producteur, réalisateur et scénariste, est né en 1951 aux Philippines. Sa réputation d’amoureux pour sa sainteté gore est un peu réductrice quand on s’imprègne de l'oeuvre volontairement teintée bis du bonhomme.

En effet, il est impossible de passer outre l’aspect ultra-sensuel donné à chacun de ses films et surtout la sauce grand-guignol dans laquelle ceux-ci baignent, à savoir une certaine propension à l’absurde, le tendancieux et surtout le morbide.

Il débute sa carrière cinématographique en tant que producteur dans les années 80. Sa collaboration fructueuse avec Stuart Gordon permet l'accouchement d’un Ré-Animator définitivement culte puis, par la suite de deux films devenus des classiques du cinéma de genre à savoir From Beyond (1986) et Dolls (1987).

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Il se lance dans le grand bain de la réalisation avec le film Society en 1989, véritable brûlot sur la haute société américaine, le film se termine par une orgie sanglante gravée à jamais dans les mémoires. L'oeuvre marque l’officialisation d’une collaboration aussi, avec Screaming Mad George, personnalité absolument incontournable dans le domaine des effets spéciaux.

Il décide ensuite de donner une suite à Ré-Animator avec Bride Of Ré-Animator, faisant largement référence au mythe de Frankenstein. Le film fonctionne mais son manque de rythme évident ne le portera pas au niveau du premier opus.

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Par la suite, il s’attaque aux franchises américaines essoufflées en faisant abstraction de la continuité tout en y amenant son univers personnel.

Dans un premier temps, Douce Nuit, Sanglante Nuit part 4 (il produira également le 5ème volet), une réussite de par son aspect onirique, sexuel et provoquant mais aussi et surtout, dans un second temps, son sublime: Le Retour Des Morts-Vivants 3.

Mindy Clarke, digne héritière de la reine noire Barbara Steele, personnifie à elle seule l’essence même d’une oeuvre présentant, il faut bien le dire, les défauts du genre, à savoir une interprétation approximative et un manque de rythme évident.

Oui, mais voilà, de part son aspect charnel, romantique, quasi-érotique, très sombre, dénué d’humour et surtout une mise en scène dynamique, originale et inspirée, le récit demeure passionnant voir incontournable.

L'aspect parodique, propre à la série, est mise au placard pour laisser la place à une cruauté, une violence inouïe. In-con-tour-nable, on vous dit!

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Puis vient son segment sur Necronomicon, ultra-malsain et d’une folie proprement hallucinante. De part, l’aspect court du run, la violence atteinte ici ne sera pas dépassée dans le domaine de la cruauté. On vit là un véritable tour de montagnes russes montées sur des rails constitués de colonnes vertébrales imbriquées les unes sur les autres… Du grand art.

Le diptyque dentaire (Le Dentiste 1 et 2) est prétexte aux effets les plus chocs et gores dans le domaine buccal. Le 2ème volet est clairement dispensable mais l’oeuvre originale de par la terreur suscitée, sa qualité de montage et, toujours, ce charme personnifié par le « bestiaire » féminin absolument charmant émaillant le film du début à la fin (Haaaa Linda Hoffman, Molly Hagan, Patty Toy… rien que ça !) demeure incontournable et rencontre d’ailleurs un certain succès commercial.

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En 2001, il fonde sa propre maison de production en Espagne, Fantastic Factory et produit l'excellent Dagon (réalisé par son ami Stuart Gordon) et l’incontournable Darkness de Jaume Balagueró.

Dorénavant espagnol d’adoption, il réalise sa vision de Faust, ambitieuse et visuellement très léchée mais trop brouillonne pour passionner, un échec.

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Pour remonter la pente en 2003, Yuzna remet le héros de Ré-Animator, Herbert West, en piste dans le 3ème volet: Beyond Ré-Animator. Une alchimie entre gore, outrancier, humour délirant et sensualité débordante enfin retrouvée: une réussite mais malheureusement très mal distribuée en dehors de l'Espagne.

To be continued...

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